Le secret d'un réalisateur pour des vidéos d'entreprise dynamiques

04 January 2018
conseils pour vidéos d'entreprise dynamiques

Créer du mouvement, intelligemment : c'est le maître-mot d'Alexandre Silberman. Dans un entretien, ce réalisateur prisé par CANAL+, le Paris-Saint-Germain et d'autres grands noms nous dévoile quelques bonnes recettes pour booster nos contenus vidéos.

conseils pour vidéos d'entreprise dynamiques

Play! : Alexandre, lorsque l'on s'est rencontrés pour une session de tournage (une interview d'un membre de l'équipe réalisée à l'iPhone), tu n'as pas cessé de me dire de bouger ma caméra.

Alexandre Silberman : Oui ! Je pense que le plus simple c'est de retenir une petite règle : un plan = un mouvement. Si la personne que tu as en face de toi est statique, qu'elle n'occupe pas vraiment l'espace, alors tu dois créer le mouvement avec ta caméra. Si elle bouge, si elle est vivante et enjouée, le mouvement vient déjà d'elle : un plan fixe fera l'affaire.

Alexandre Silberman

Alexandre Silberman © Luisy Silva

Aujourd’hui pourtant, la plupart des interviews de collaborateurs sont tournées en plan fixe. Souvent, l'interviewé répond aux questions face caméra. Est-ce à proscrire ?

Oui, je pense que c’est à proscrire parce que ça accentue le côté extrêmement institutionnel de la chose. C’est extrêmement rigide. On parle déjà de choses qui ne sont pas “glamour”, ça devient vite lourd à écouter, à entendre, tu décroches assez facilement.

"Le trépied, c'est une fausse idée de la maîtrise. Pour de la vidéo diffusée sur Internet, il faut prendre des risques."

Pourquoi chez Konbini et Brut ça marche ?

Ils jouent sur un montage très rapide et ils font du décalé. Ils utilisent des personnages forts, souvent des acteurs. Emma Watson en face à face, c’est fort parce qu’on a une actrice face à nous. Pour quelqu’un de non-professionnel, ça montrera plutôt ses faiblesses. Le face-cam est déjà très exigeant. Statique, c’est encore pire. La question à se poser, c’est "est-ce que mon speaker a assez de charisme pour remplir le cadre ?"

Un plan fixe, une qualité d'image discutable mais... Emmanuel Macron qui occupe tout le cadre. Résultat : plus d'un million de vues pour cette interview de Speech (Konbini).

L’avantage du plan fixe, c’est que c’est facile à mettre en œuvre : on pose la vidéo sur un pied et c’est parti. Lors du tournage, est-ce qu’on peut atteindre ce niveau de simplicité en étant en mouvement ?

C’est plus compliqué : il faut caler les mouvements entre eux. Un raccord-pano, par exemple, est très efficace mais c’est une petite chorégraphie à mettre en oeuvre. Pour être certain de ne pas se rater, on peut investir dans un stabilisateur. Mais il faut aussi assumer le mouvement et se dire “si ça bouge un peu, ce n’est pas très grave”.

"La succession de plans en mouvement n’a pas la même "propreté" que du fixe mais elle crée beaucoup plus de dynamisme. Aujourd’hui, c’est ce qui est le plus recherché."

Et puis choisir le mouvement, c'est aussi rendre service au speaker : le plan fixe a beau limiter la prise de risque au moment du tournage, il est aussi plus exigeant, et le résultat sera bien moins flatteur pour la personne filmée.

C’est bien beau tout ça, mais maintenant je fais comment ? Je commence par quoi ?

On peut commencer très facilement, à main levée. Il faut juste apprendre à maîtriser ses mouvement et faire des tests. Des travellings, des panos (panoramiques, NDLR)  de suivi. Privilégier plutôt le large parce que ça tremble moins : plus la focale est serrée et plus ça tremble, les petits tremblements deviennent des grands.

À terme, il faut privilégier un stabilisateur, qui permet de faire des travellings sans trembler. Il faut que dans chaque plan, il y ait un début, une fin, et une tension. Il faut aussi, tout bêtement, s’amuser quand on tourne ! Un plan fixe avec un mec qui ne t’inspire rien devant toi, tu le sens vite !

Du coup, la recette miracle, ce serait : des plans en mouvement, à main levée, et un regard caméra si la personne est un "bon client" ?

Ah non. Pas de miracle, attention ! La véritable recette, c'est le trio mesure-sensibilité-réflexion. Trop de mouvements de caméras peuvent déconcentrer l'auditoire et desservir le propos. Et si tu as un vrai beau cadre ou que le contenu est haletant, ça marche aussi sans mouvement.

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Image à la Une © The New York Times/Smarter Living.


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