Produire du contenu vidéo pertinent - et si on commençait par l’accroche ?

03 December 2017
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Parce que tout se joue au premier regard, boostez vos vidéos d’entreprise grâce à trois petites règles journalistiques.

Vous l’avez sûrement lu quelque part, car les études fusent à ce sujet : une bonne vidéo captive immédiatement son audience. Pourtant, lorsqu’il est temps de passer à l’action, vous séchez ? Voici quelques règles efficaces, empruntées au journalisme, pour capturer votre cible dans les 5 premières secondes.

Règle #1 : privilégiez l’insolite

Plus le sujet est plat, plus vous devez corser votre accroche. C’est ce qu’apprennent, souvent à leurs dépens, les jeunes journalistes lorsqu’on les envoie couvrir leurs premiers “marronniers”.

Petites et grandes angoisses de la rentrée, courses aux cadeaux de Noël, hausse du prix de la baguette : un marronnier est un sujet de saison, au mieux cyclique, au pire rébarbatif. La prime ira à celui qui saura se démarquer en proposant une approche du sujet à la fois neuve et pertinente — et, du même coup, une accroche inédite.

Prenons l’exemple du Nouvel An chinois.

Chaque début d’année, des hordes de reporters envahissent le 13e arrondissement parisien. Tous viennent filmer la même chose : un moment de liesse au coeur de l’hiver, institué il y a plus de 20 ans par la plus grande communauté asiatique de France.

À leur retour, ils inondent les journaux télévisés des mêmes images. Comme d’habitude, les sujets s’ouvrent sur une parade colorée, le son joyeux des pétards, des dragons géants qui virevoltent. Invariablement, ils encensent ce grand bal flamboyant qui vient rompre la grisaille.

De l’autre côté du poste, vous zappez.

“La pluie n’a pas gâché la fête”. Est-il donc si rare qu’il pleuve en février ? Peut mieux faire ! / BFMTV

Il aurait pourtant suffi de si peu !

Commencer son sujet par “La pluie n’a pas gâché la fête”, comme le reportage de BFM TV ci-dessus, c’est oublier que souvent, l’intérêt d’un spectateur tient — littéralement — à une feuille de laitue.

Parfois, l’actualité donnera une épaisseur nouvelle à votre marronnier, comme pour ce reportage de FranceInfo qui raconte la tenue des festivités “sous haute surveillance”, en marge de l’état d’urgence. Mais lorsque ce n’est pas le cas, il faut viser l’insolite. Démonstration.

Depuis quelques années, pour le Nouvel An chinois, il est de bon ton de suspendre une salade entière à l’entrée des boutiques.
Et si le même reportage s’ouvrait sur cette image ?


“Mais pourquoi ces commerçants du 13 arrondissement accrochent-ils tous des salade ?” / China.inUne salade ? Quelle idée ! C’est gagné, le spectateur s’interroge. Son attention est captée.

Dans les secondes qui suivront, on lui expliquera que cette botte de gui des temps modernes est un symbole de prospérité. Le reste de la vidéo ne réinventera peut-être pas la roue. Mais de ces deux versions proposées, vous avez deviné laquelle passera le cap du visionnage.

Il en va exactement de même pour la vidéo d’entreprise.

Il y a quelques jours, je suis allée à la rencontre de téléacteurs en banlieue de Lille. Leur quotidien, dans leur call-center isolé du siège parisien, est fait (entre autres) d’appels voués à capter de nouveaux clients. C’est un métier difficile : rarement valorisé, il génère pourtant à lui seul, dans ce cas précis, la majorité du chiffre d’affaire de l’entreprise. A peu de choses près, j’ai rencontré la même difficulté qu’un journaliste au Nouvel an chinois : comment capter l’attention, en quelques secondes, d’une audience a priori indifférente ?

Imaginons que l’on dispose du même contenu, mais que l’on décide de faire débuter la vidéo de deux façons opposées.

Option n°1

“Je m’appelle Gwenaëlle, j’ai 23 ans. Je suis téléactrice depuis huit mois”
C’est une présentation classique — et, à vrai, dire, très impersonnelle. Qu’est-ce qui me pousse à regarder ce contenu ? Peu de choses.

Option n°2
“Combien de fois par jour on me raccroche au nez ? Vous ne voulez pas le savoir ! Mais je garde le sourire”
Là, je suis impressionné. J’éprouve de l’empathie pour Gwenaëlle, j’entre dans son quotidien et j’admire sa ténacité. En trois phrases, le ton est donné : elle mérite que je m’attarde sur son parcours.

Il n’y a donc pas de mauvais sujet, seulement de mauvaises manières de les amener.

Se détacher du thème que l’on traite et en extraire le “petit supplément d’âme” exige de la curiosité.

Cela passe notamment par un art souvent passé sous silence : la pré-interview. Avant de tourner, posez déjà quelques questions à vos interlocuteurs, et partez à la pêche aux histoires… en un mot : conversez ! Voilà qui annonce notre deuxième point : l’importance de l’anecdote.

Règle #2 : Usez et abusez de l’anecdote

Prenez-vous pour Père Castor : racontez des histoires. Aborder un sujet par le petit bout de la lorgnette et débuter son récit par une tranche de vie, c’est l’assurance d’apporter à son contenu un côté humain, proche de l’audience et à sa hauteur.

Imaginez que la même vidéo du Nouvel an débute sur le témoignage d’une grand-mère chinoise, ravie d’assister à sa…94e parade. Vous cliquez ?

Bien sûr !

Voilà qui explique en partie le triomphe, sur Internet, des “grands-mères” en vidéo, de celle d’un rappeur récemment starifiée par l’émission Quotidien à la figure courageuse de “Mamie Danielle”, en passant par la regrettée Honorine, 114 ans, ex-doyenne des Français (sans compter les fictions, comme Studio Danielle ou La Minute Vieille d’ARTE).

Pour la vidéo d’entreprise, les mécanismes sont similaires.

Revenons à notre call-center et trouvons-lui une accroche alternative, placée sous le signe de l’anecdote. Il pourrait, par exemple, s’agir de cette phrase :

“Au début, quand on a posté des offres d’emploi pour un téléacteur, quelqu’un a appelé et demandé pour quel film c’était !”

Cette histoire, entendue à la pause déjeuner, est en fait l’une des meilleures accroches qui soient pour ce genre de sujets. Attention cependant : elle sonne juste parce qu’elle est authentique.

Dans tous les cas, réfléchir à l’accroche permet de clarifier le message que l’on veut envoyer. Pensez-la comme une capsule, un concentré de votre contenu qui donne un aperçu de son style, pose les fondations du discours… et explore ses limites.

Règle n°3 : Tentez le pas de côté, mais ne vous laissez jamais dépasser par votre contenu

Lorsque vous créez une vidéo, vous êtes responsable de son contenu. Il est donc nécessaire de définir votre style, votre ligne directrice — et vos limites. Une accroche originale vaudra le coup si :

    • Vous dosez les sentiments
    • De la mesure avant toute chose, notamment dans l’humour. Posez-vous les bonnes questions (ai-je envie de “faire décalé”, par exemple) ? Et si la douceur n’est jamais un mauvais choix, il n’en va pas de même pour les accroches qui provoquent la colère ou la tristesse, toutes efficaces soient-elles. Veillez, en entreprise, à n’exploiter que le positif.

Vous soignez votre rédaction
Travaillez la précision de votre vocabulaire et traquez les incohérences : il faut que l’accroche soit raccord avec le reste du discours. Si vous usez d’un langage familier — que vous interpellez le spectateur d’un “Eh, vous !” par exemple — demandez-vous pourquoi, et si c’est bien nécessaire.
En revanche, n’hésitez pas à poser des questions à votre audience pour attirer son attention.

Vous tapez juste
C’est que vous ne tournez pas pour vous, mais bien pour les autres. Cette accroche qui vous fait tant rire est-elle pertinente pour le public visé ? Dans quelle mesure cette blague, pourtant si drôle en interne, saura-t-elle conquérir vos clients ?

Dans le doute, optez toujours pour la formulation ou le ton les plus élégants. Appropriez-vous l’adage attribué à Hubert Beuve-Méry, le fondateur du Monde. Tant pis pour l’accroche : comme rien n’est pire qu’un bad buzz, “Faites chiant”.

Si après avoir lu cet article vous avez un peu de mal à vous mettre en route, n’hésitez pas à nous écrire sur hello@easy.movie. Nous serons heureux de vous aider !


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